Clinique privée ou publique?

ISABELLE GIRARD, Directrice générale de l’Association des cliniques médicales du Québec et présidente de Plakett

Au Québec, les cliniques médicales font partie de ce que nous appelons la première ligne. Ces cliniques dispensent près de 85 % des services de médecine générale et 40 % des services de consultation en médecine spécialisée. Sans elles, les patients québécois n’auraient que très peu d’accès à nos médecins. Malgré cet apport essentiel, les cliniques, dans le jargon ministériel et populaire, sont communément appelées cliniques privées. Mais qu’en est-il réellement?

En fait, il existe au Québec deux types de cliniques médicales; les cliniques privées et les cliniques publiques. Ces dernières représentent plus de 90 % de toutes les cliniques médicales du Québec, qui en compte près de 1 800. Comment distinguer alors une clinique publique d’une clinique privée?

Tout d’abord, les médecins qui travaillent dans une clinique publique reçoivent leur rémunération de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). Ces cliniques collaborent avec les différentes ressources du réseau de la santé et sont associées aux établissements publics de ce réseau. À titre d’exemple, les groupes de médecine familiale (GMF) sont un type de clinique médicale publique qui regroupe des médecins de famille, des médecins spécialistes, des infirmières et plusieurs autres professionnels de la santé tel que psychologue, nutritionniste, travailleur social, etc. On dénombre actuellement environ 250 GMF au Québec et ces cliniques travaillent étroitement avec le CLSC de leur territoire, les hôpitaux et les autres établissements publics afin d’offrir un meilleur accès aux services de santé pour la population.

Il existe également plusieurs autres types de cliniques publiques au Québec : les cliniques-réseau, les cliniques-réseau intégrées, les cliniques médicales non-GMF, les cabinets médicaux et les différentes cliniques de médecine spécialisée (CMS). De plus, nous pourrons bientôt ajouter les super-cliniques à cette liste.

Contrairement aux cliniques publiques, les cliniques privées offrent des services dispensés par des médecins désaffiliés de la RAMQ. Les patients qui fréquentent ces cliniques doivent donc payer des frais pour leur consultation médicale ainsi que pour la plupart des services offerts. Il est important de noter que ce modèle de clinique entièrement privée ne constitue qu’un très faible pourcentage de toutes les cliniques médicales du Québec.

La confusion qui règne quant au fait que toutes nos cliniques médicales soient des établissements privés n’aide aucunement la population à modifier sa perception du fonctionnement de notre système de santé. De plus, ceci accentue la mouvance de la population vers les urgences des hôpitaux plutôt que vers une clinique médicale. Somme toute, une compréhension plus juste de la structure des cliniques médicales favoriserait certainement l’efficacité et l’épanouissement du système de santé québécois.

Isabelle Girard

Isabelle Girard

Directrice générale de l’Association des cliniques médicales du Québec et présidente de Plakett