La contribution de la technologie pour le maintien à domicile

Henk VerlooChristine CohenHENK VERLOO, Inf., Ph. D., professeur ordinaire HES, HES-SO, Institut et Haute École de la Santé La Source
CHRISTINE COHEN, Inf., M. Sc., professeure associée, HES-SO, Institut et Haute École de la Santé La Source – Lausanne

 

 

En même temps que la population mondiale se transforme, nous vivons des changements importants avec la quantité de nouvelles technologies disponibles. Depuis plusieurs années, les technologies adaptées aux personnes âgées se développent pour améliorer leur vie quotidienne et de les aider à rester domicile.

Ces technologies servent surtout à :
• Prévenir, retarder ou compenser des difficultés liées à l’âge ;
• Soutenir la participation sociale – communication, loisirs et autres.

Le nombre de personnes âgées augmente et les ressources disponibles pour leur venir en aide diminuent. Alors, les sociétés actuelles ont le défi d’offrir des environnements capables d’intégrer des technologies. En effet, elles peuvent soutenir les réponses aux besoins des personnes âgées liés aux modifications de leur état de santé et de leur autonomie afin de :
• Maintenir un niveau optimal de santé, par exemple l’aide pour la prise des médicaments ;
• Garder un maximum de vie sociale, comme la communication avec les proches et amis ;
• Sécuriser leur domicile.

Les études actuelles montrent que les personnes âgées sont ouvertes aux nouvelles technologies. Nous devons donc nous interroger sur la façon de créer, évaluer et adopter ces solutions.

La plupart du temps, les technologies sont développées par les ingénieurs. Parfois, des personnes âgées sont sollicitées pour les tester et permettre quelques adaptations. De cette manière, les nouveaux outils mis sur le marché sont souvent peu adaptés aux besoins et aux problèmes – comme le trouble de mémoire – des personnes âgées qui vont les utiliser.

Récemment, des Living Lab – laboratoires de recherche vivants ou laboratoires citoyens – regroupant des représentants de l’industrie, des chercheurs, des universitaires des associations et des citoyens se sont développés. Dès le début, tous les acteurs concernés par une solution innovante (service, technologie) liée au maintien des personnes âgées à domicile sont impliqués. Ensemble, ils s’informent des besoins des aînés et de leurs proches aidants. Ils prennent connaissance des trucs que les aînés et leurs aidants on développés pour « bien vieillir » et encouragent la création d’innovations en ce sens.

Ainsi, plusieurs recherches ont permis d’identifier les principaux besoins des personnes âgées à domicile pour :
• communiquer avec les autres et maintenir un lien social,
• avoir un lieu de vie adapté,
• la sécurité à domicile,
• le dépistage des maladies
• le suivi de la santé au quotidien.

Il est important de souligner que certaines technologies peuvent rendre de grands services. Cependant, avant de les proposer à une personne âgée, il est essentiel d’obtenir son accord. Si la personne semble réticente, il faut être attentif aux signes de refus et en discuter avec les proches. Chaque cas devrait être évalué avec des professionnels de la santé, les besoins bien définis et le but clairement expliqué pour garantir un choix pertinent et adapté – par exemple, aides techniques pour la réadaptation ou soutien physique.

Lorsqu’une personne âgée, seule à domicile, présente des risques de chute, plusieurs solutions sont possibles pour détecter la chute et ainsi secourir la personne rapidement. Parmi les dispositifs actuels, certains sont à porter sur soi (bouton d’alarme), d’autres à installer dans l’appartement (capteurs intelligents). Une discussion avec la personne âgée et ses proches permet de recueillir les attentes et perceptions par rapport à un soutien « technologique ». Une évaluation de la situation par des professionnels de la santé permet de cibler la meilleure solution et surtout les étapes pour sa mise en service.

Les nouveaux outils destinés aux personnes vieillissantes devraient respecter la logique du soin et éviter le piège de l’âgisme technologique et numérique. Pour que les personnes âgées acceptent et utilisent les nouvelles technologies, les besoins des utilisateurs doivent être clairement identifiés et il faut leur apporter l’aide nécessaire pour se les approprier.