La maltraitance envers les personnes aînées, ça concerne tout le monde !

P-8-SimardRobert Simard, conseiller, Direction du soutien aux personnes aînées en situation de vulnérabilité, Secrétariat aux Aînés, ministère de la Famille

La maltraitance envers les personnes aînées est un problème de société. Elle toucherait 4 % à 7 % des personnes de 65 ans et plus, soit près de 100 000 personnes au Québec.

Certains motifs peuvent augmenter le risque de maltraitance; par exemple, la perte d’autonomie, les problèmes de santé ou la solitude. Elle peut toucher une personne ainée, peu importe sa condition, son statut social ou ses revenus.

La maltraitance a des impacts importants sur la qualité de vie de ceux et de celles qui en sont victimes. Elle peut porter atteinte à leur intégrité physique et mentale ainsi qu’à leur capacité à profiter de leurs biens et de la vie en société.

Les abus envers les personnes aînées se présentent sous deux formes :

 Des actes de violence,

 De la négligence – par exemple, ne pas poser les gestes nécessaires à leur bien-être.

On retrouve différentes formes d’abus :

• Physiques – être frappé, poussé, forcé à manger, enfermé, bousculé, privé de soins de base;
• Psychologiques – être humilié, menacé, agressé verbalement, ignoré, isolé;
• Financiers – se faire soutirer de l’argent par du chantage, voler ses bijoux ou son argent, faire de la pression pour son héritage, frauder par l’utilisation de ses cartes bancaires ou d’une procuration;
• Sexuels – être victime d’agression sexuelle, se faire toucher sans son consentement, se faire nier son orientation sexuelle;
• Non-respect des droits – être empêché de choisir ou de décider par soi-même, être discriminé en raison de l’âge.

Pourquoi les personnes aînées n’osent pas dénoncer ou demander de l’aide ?

Une personne victime de maltraitance de la part d’un membre de sa famille ou d’une connaissance hésitera souvent à dénoncer. Elle peut, par exemple, avoir peur de briser le lien avec une personne importante pour elle. La peur de vengeance ou d’être abandonné et placé en institution peut aussi être ressentie. La personne aînée pourra aussi éprouver des craintes face aux démarches résultant d’une plainte et à l’intervention qui en découle. Dans tous les cas, la ressource qui lui viendra en aide tiendra compte des craintes et des besoins exprimés par la personne aînée. L’important est de briser le silence.

Pourquoi repérer la maltraitance?
• Parce que ces abus sont souvent subtils ou cachés et qu’ils se passent généralement dans le milieu de vie privé de la personne;
• Parce que la maltraitance peut parfois se produire sans que la victime elle-même le sache – par exemple, prendre son argent à son insu;
• Parce que la personne aînée maltraitée ne se voit pas toujours comme une victime;
• Parce que les victimes se sentent coupables ou ont honte et qu’elles ne consultent pas pour obtenir de l’aide ou du soutien.

Comment prévenir la maltraitance ?
• En offrant aux personnes aînées un cadre de vie sain et sécuritaire;
• En brisant l’isolement des personnes aînées;
• En informant les personnes aînées de leurs droits;
• En renseignant les personnes aînées sur la façon de protéger leurs avoirs.

Qui peut venir en aide à la personne ainée victime de maltraitance ?

Prévenir les abus envers les personnes ainées est l’affaire de tout le monde. Tous peuvent jouer un rôle : policier, médecin, bénévole, personnel d’une banque, voisin, ou simple citoyen. Il ne faut pas avoir peur de tendre la main à la personne aînée si nous soupçonnons qu’elle vit une situation de maltraitance.

Lors d’une plainte et des actions qui en découlent, les intervenants tiennent compte de la décision, de la volonté et de la vulnérabilité de la personne aînée. Sa sécurité demeure la priorité. La façon choisie pour faire cesser les abus sera la plus délicate possible. Le rythme, la culture, les valeurs de la personne aînée seront respectés.

Que doit faire une personne aînée qui croit vivre une situation de maltraitance, ou un proche qui est témoin d’une telle situation ?
Demandez de l’aide en appelant la ligne téléphonique AIDE ABUS AÎNÉS, au 1 888 489-2287.

La ligne sans frais est confidentielle et bilingue (anglais et français). De 8 h à 20 h, 7 jours par semaine, on peut parler à des professionnels spécialisés en maltraitance. Ils offrent de l’écoute, du soutien, de l’information, une évaluation téléphonique de la situation, une intervention limitée et de crise. Au besoin, ils assurent un suivi téléphonique, dirigent la personne ou donnent une référence vers la ressource d’aide la plus appropriée.