Les meilleures pratiques pour la prévention des chutes

Guillaume Coutu, physiothérapeute, Réadaptation Gériatrique
Guillaume Coutu, physiothérapeute, Réadaptation Gériatrique
Olivier Portelance, physiothérapeute, Réadaptation Gériatrique
Olivier Portelance, physiothérapeute, Réadaptation Gériatrique

 

Présentement, on estime que chaque année, le tiers des personnes âgées sont victimes d’une chute. Pour l’ensemble des données recueillies de 2006 à 2011, la moitié des chutes se sont produites à domicile.

La réduction des chutes chez les personnes âgées s’inscrit dans un continuum de soins multidisciplinaires. Il reste difficile d’établir un âge exact auquel nous devrions entamer des démarches d’évaluation et d’intervention. Nous savons toutefois que l’avancement en âge est directement proportionnel à l’augmentation du risque de chute. La vigilance de l’entourage et du personnel soignant est primordiale dans l’identification des facteurs de risques de chute.  Voici un aperçu des facteurs de risque à considérer :

  1. Facteurs de risques biologiques ou intrinsèques:
    • Déficiences cognitives
    • Déficiences visuelles
    • Faiblesse musculaire et baisse de la forme physique
    • Maladies aiguës
    • Maladies et invalidités chroniques
    • Trouble de l’équilibre et de la démarche

 

  1. Facteurs de risques comportementaux :
    • Antécédents de chute
    • Appareils fonctionnels
    • Chaussures et vêtements
    • Comportements à risque
    • Consommation excessive d’alcool
    • Mauvaise alimentation
    • Peur de tomber
    • Prise de médicaments
    • Vitamine D

 

  1. Facteurs de risque socio-économiques :
    • Réseau social
    • Statut socio-économique

 

  1. Facteurs de risque environnementaux :
    • À domicile
    • Dans la collectivité
    • Température et climat

Les dernières années de recherche sur les meilleures pratiques de prévention des chutes mettent en évidence deux constats. Premièrement, une évaluation multifactorielle du risque de chute au domicile de la personne âgée doit être effectuée. Deuxièmement, un programme de prise en charge adapté aux facteurs de risque et au milieu de vie de la personne devrait être mis en place.

Voici quelques exemples d’interventions :

  1. Alimentation : Les aînés doivent consommer assez de protéines pour conserver leur force musculaire. Ils doivent prioriser leur hydratation, particulièrement durant les mois les plus chauds de l’été.
  2. Modifications de l’environnement : Les différentes modifications de l’environnement permettent de diminuer jusqu’à 21% le risque de chute chez les personnes âgées. Cette diminution monte à 39% pour les personnes à risque élevé de chute.
  3. Revue et modifications des médicaments : Porter une attention particulière aux somnifères, aux anxiolytiques et aux antidépresseurs qui sont reconnus pour accroître grandement le risque de chute.
  4. Programmes d’exercices physiques : Les exercices d’équilibre, de démarche et de musculation sont les plus efficaces, qu’ils soient effectués en groupe ou individuellement. Les exercices doivent présenter une difficulté moyenne à élevée pour travailler l’équilibre et être accomplis régulièrement. Seuls les programmes de marche rapide doivent être évités pour la clientèle à risque élevé de chute.

Fait important, chez les personnes âgées vivant en communauté, la prescription d’exercices physiques est à elle seule cinq fois plus efficace que l’intervention multifactorielle sur les autres facteurs de risque. À noter que seulement 11% des Canadiens de 60 à 79 ans respectent les lignes directrices en matière d’activité physique. Le fait de conserver nos aînés actifs fait donc partie des stratégies à prioriser dans la prévention des chutes. Les physiothérapeutes sont des professionnels de la santé qui possèdent une des meilleures expertises pour prescrire des programmes d’exercices pour prévenir les chutes. Une simple évaluation en physiothérapie permet de :

  1. Quantifier et objectiver le niveau du risque de chute;
  2. Mettre en évidence les déficiences physiques et comportementales de l’individu;
  3. Mettre en place des interventions concrètes sur la modification de l’environnement et des comportements à risques.
  4. Prescrire un programme d’exercices pour réduire le risque de chute.

 

« L’activité physique peut réduire l’impact de la perte musculaire associée au vieillissement naturel et accroître la mobilité, la fonction physique, la densité osseuse et l’équilibre. » Selon les lignes directrices AGS-BGS 2011 (American Geriatrics Society & British Geriatrics Society)