Que faut-il manger pour prévenir la maladie d’Alzheimer?

Danielle LaurinDANIELLE LAURIN, Ph. D., professeure titulaire, Faculté de pharmacie, Université Laval – Chercheure régulière, Centre d’excellence sur le vieillissement de Québec – chercheure associée, Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels
* Crédit photo : Du Sablon

Enfin une bonne nouvelle!
La forte hausse des cas de démence, qui inclut la maladie d’Alzheimer, ne sera pas aussi importante qu’on le prévoyait il y a 15 ans. Parmi les causes de ce revirement, on retrouve :
• le niveau de scolarité plus élevé chez nos nouveaux groupes d’aînés
• un meilleur contrôle des facteurs de risque vasculaires
• un mode de vie plus sain
Ces facteurs impliquent des mesures de prévention liées à la nutrition comme :
• une perte de poids en cas d’obésité, ou le maintien d’un poids santé;
• une diminution du sel;
• un contrôle des concentrations de gras (cholestérol ou triglycérides) dans le sang;
• un contrôle des concentrations sanguines de sucre (glucose) dans le sang.
De saines habitudes de vie comme la pratique d’activité physique, peu importe le niveau de capacité, accompagnent souvent les recommandations pour une meilleure santé vasculaire. Malgré tout, il reste du travail à faire pour passer ce message et trouver l’équilibre.
La maladie d’Alzheimer et le déclin cognitif
La maladie d’Alzheimer est une maladie incurable et irréversible. On recommande donc d’étudier la question avant que les dommages ne soient avancés. Le traitement médicamenteux de la maladie d’Alzheimer vise à réduire certains symptômes de la maladie, mais pas à la prévenir ou à la traiter. Le déclin cognitif correspond à la perte de la mémoire et des facultés intellectuelles sans que cela n’affecte de façon trop évidente la vie quotidienne. Il ne mène pas toujours à la maladie d’Alzheimer, mais il peut se manifester avant la maladie. Plusieurs études suggèrent que le développement de la maladie d’Alzheimer pourrait prendre jusqu’à 20 ans avant que le diagnostic ne soit posé. Ceci signifie qu’il serait possible, au cours de ces années, de retarder le développement de la maladie. Il suffit de modifier quelques habitudes de vie.
Certains éléments nutritifs pourraient prévenir la maladie d’Alzheimer. Cependant, ces résultats n’ont pas été confirmés dans les études où l’on administre des suppléments. Qui faut-il croire alors ? Disons seulement que la maladie d’Alzheimer s’applique mal aux études sur la prise de suppléments comme les vitamines et autres.
Alimentation prévenant le déclin cognitif
On rapporte que l’alimentation permet de retarder le déclin cognitif grâce à un meilleur contrôle de l’hypertension et du diabète. Ces deux maladies nécessitent un contrôle du poids et des restrictions en sel et sucre. La consommation d’acides gras oméga-3, de légumes et une alimentation dite « méditerranéenne » seraient aussi bénéfiques. La diète méditerranéenne correspond à une alimentation qui a été associée à un risque diminué de plusieurs maladies qui touchent les aînés. Ces maladies incluent le cancer, l’obésité, la dyslipidémie, l’hypertension artérielle et la maladie coronarienne. Une diète méditerranéenne correspond à une alimentation qui inclut :
• les fruits frais et les légumes – pour leurs vitamines antioxydantes
• les légumineuses
• les céréales à grains entiers
• le poisson – pour les acides gras oméga-3
• l’huile d’olive
Cette alimentation implique une consommation plus limitée en viandes grasses. Celles-ci comprennent par exemple les viandes non parées – dont les peaux et les graisses superflues n’ont pas été enlevées – les saucisses et les charcuteries. Enfin, elle recommande la prise régulière mais modérée de vin rouge pour les polyphénols, un autre type d’antioxydant. Pas si mal comme régime !
La modification de son alimentation comporte aussi un autre avantage. Puisqu’on recommande des aliments et non des suppléments, tous les éléments nutritifs de l’alimentation peuvent interagir entre eux. L’effet final devrait être plus grand que la simple somme des effets de chacun. Mettez donc toutes les chances de votre côté pour préserver votre mémoire en adoptant de bonnes habitudes alimentaires.